Quand Pascale ROBERT-DIARD, du journal "LE MONDE", et Valérie MAHAUT, chroniqueur judiciaire du "Parisien", désinforment leurs lecteurs

Personne ne conteste le rôle positif et irremplaçable joué par les journalistes pour rétablir la vérité dans de nombreuses affaires judiciaires.

L’information du lecteur implique pour le chroniqueur le respect de l’obligation de prudence, faute de quoi cette information se mue en désinformation, voire en diffamation.

La loi de 1881 constitue le cadre juridique, mais à moins d’être un plaideur invétéré, le recours systématique aux tribunaux n’est pas aujourd’hui la voie la plus efficace pour obtenir rapidement réparation.

Tout va très vite avec le web, sauf obtenir un contact avec le journaliste pour obtenir amiablement une mise à jour portant rectification des informations erronées.

Mais le lecteur a le droit de connaître la vérité, le droit d’être informé, et ce n’est pas le concept abscons d’un pseudo droit d’informer et de désinformer qui annulerait ce droit.

Tout patient voulant consulter un chirurgien plasticien fait des recherches sur internet. Il tombera immanquablement sur les articles de ces deux journalistes. S’il fallait attendre l’issue d’une procédure, notre chirurgien aura l’âge de la retraite.

Une rectification immédiate, aujourd’hui et pas demain, est nécessaire pour que la nuisance cesse, et c’est le but de cet article.

Les audiences de correctionnelle sont les plus prisées, les plus hautes en couleur, les excès de langage, y compris ceux du procureur, sont repris avidement par un chroniqueur qui sans attendre le jugement, et sans aucune prudence dans le style, présente en tant que vérité ce qui n’est à ce stade qu’une simple relation des différents témoignages et interprétations de l’instruction.

Deux éventualités peuvent se produire :

Si des griefs relatés dans la chronique ne sont pas repris dans le premier jugement, ils ne bénéficient même pas de l’ombre d’une autorité de chose jugée, et il s’agit bien de diffamation.

Si d’autres ne sont pas repris dans l’arrêt définitif de la Cour d’Appel, nous parlerons de désinformation.

Par Arrêt définitif, il ne peut s’agir d’un premier Arrêt cassé et annulé en toutes ses dispositions par un Arrêt de la Chambre Criminelle, mais de celui de la Cour d’Appel de Renvoi.

Seul le dispositif de cet Arrêt et les motifs au droit de ce dispositif ont autorité de la chose jugée.

Que dirait-on du chirurgien qui ne suit pas ses patients ?

Que n’a-t-on dit d’un chirurgien qui n’avait pas ligoté son patient sur le lit de la convalescence ?

Cette obligation de prudence que des journalistes ressassent tous les jours à tort et à travers ne leur serait pas applicable ?

Un chirurgien Anne-Marie Kapron qui a obtenu en Juin 2010 une relaxe totale sur le plan pénal et le débouté des parties civiles reste diffamée sur internet parce que 2 articles écrits en 2007 après une première audience n’ont pas été « mis à jour ».

Cette « mise à jour » est désormais faite

Rappelons que l'audience de correctionnelle a eu lieu le 7 Juin 2007
L’article de Pascale Robert-Diard dans « le Monde » le 8 Juin 2007
Celui de Valérie Mahaut dans « le Parisien » le 10 Juin 2007
Le jugement a été rendu à Nanterre le 28 Juin 2007
L’Arrêt de la Cour d’Appel de Versailles le 2 Avril 2008
L’Arrêt de la Chambre Criminelle le 3 Juin 2009
L’Arrêt définitif de la Cour d’Appel de Paris le 23 Juin 2010

Nos 2 chroniqueurs ne se sont intéressés qu’à la première audience.

Une conception très particulière de l’information des lecteurs en matière médicale

Nous n’allons pas reprendre aujourd’hui l’étude en détail de cette affaire.

Sur le plan de la diffamation, nous avons indubitablement ce roman de « fausses cotations » repris par nos deux chroniqueurs, ainsi que des supputations grotesques sur les raisons du refus d’autopsie.

Tout le reste rentre dans le domaine de la désinformation, ce qui, pour reprendre le langage d’un chroniqueur, est « inquiétant ».

Maître Jacques VITENBERG
Avocat à la Cour
Chargé d’enseignement de Droit Médical à Paris V
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